Version 1.1rc1/Touches mortes/Composition

De Disposition de clavier francophone et ergonomique bépo

Cloisonner la disposition de clavier et le compose est irrationnel, car ce cloisonnement est à l’origine des dispositions de clavier à la fois trop incomplètes et trop compliquées, autrement dit, juste assez complètes pour être trop compliquées, mais pas assez complètes pour être pleinement utiles. La clé de résolution de ce dilemme est la fonctionnalité de composition intégrée à la disposition, implémentée en tant que compose personnalisé dans l’XKB de Linux, et embarquée dans le pilote de disposition pour Windows et dans le fichier XML de configuration pour Mac OS.

Avantages d’avoir un compose dans la disposition

Le compose embarqué dans la disposition et le compose fourni avec l’OS (XKB) ou ajouté à l’OS (Wincompose) sont complémentaires, car chacun a ses forces et ses faiblesses. Mais le plus important est le compose de la disposition de clavier :

  1. Il participe pleinement de la couverture des caractères assurée par la disposition ;
  2. Il est indispensable à l’ergonomie de la disposition.

Les utilisateurs ont en effet des préférences variées, certains aiment tout avoir sur des cartes et sont prêts à en apprendre de nombreuses, d’autres ont une mémoire plus verbale et sont donc mieux servis par les séquences de composition.

Quoi qu’il en soit, la fonctionnalité de composition constitue la colonne vertébrale de la couverture totale de l’écriture latine (≃ 1 400 caractères). Les cartes plus ou moins spécialisées comme celles des touches mortes classiques et des groupes ne contiennent jamais que des sélections très réduites. De nombreuses touches mortes nécessaires à la couverture de l’écriture sont virtualisées et donc accessibles uniquement par la touche de composition, par exemple tourné[1], réfléchi, inversé, cramponné.

Le compose de la disposition présente donc de multiples avantages :

  • La touche de composition peut se faire extrêmement discrète, vu sa nature de touche morte normale (sur le plan technique). Un accès possible et réellement utilisable (par exemple pour se dépanner quand une application bugue sur la barre d’espace) est clavier bépoêclavier bépok.
  • Pour une bonne ergonomie, un placement de clavier bépoCompose en clavier bépoAltGr+clavier bépoEspace est recommandé. C’est l’unique position où clavier bépoCompose peut entrer pleinement en synergie avec les caractères informatiques en clavier bépoAltGr. Et c’est aussi le seul moyen d’avoir clavier bépoCompose sur les claviers compacts qui réduisent les touches au point d’omettre clavier bépoMenu contextuel dans le but de rapprocher la souris au maximum.
  • Du fait que le compose est fait pour virtualiser toutes les touches mortes classiques, il est souvent plus ergonomique. Beaucoup de places en clavier bépoAltGr sont utilisées pour des caractères informatiques qui réduisent d’autant le nombre de toches mortes en clavier bépoAltGr. Par exemple, la touche morte brève est très accessible sur le bépo 1.0 en clavier bépoAltGr+clavier bépoW ; elle est proposée pour clavier bépoMaj+clavier bépoAltGr+clavier bépoB, mais clavier bépocomoposeclavier bépo) est plus ergonomique si clavier bépo) est clavier bépoAltGr+clavier bépoU. Au lieu de l’auriculaire droit et d’un seul pouce, on utilise les deux pouces. C’est même plus pratique qu’clavier bépoAltGr+clavier bépoW, car tout est sur des positions de repos à part le pouce droit qui va sur AltGr.

Modèle de fonctionnement proposé du compose

En plus de doubler une partie du compose traditionnel et de compléter cette partie, le compose de la disposition va augmenter l’ergonomie du compose, ainsi que sa mnémonique et son pouvoir de couverture, en revisitant son modèle de fonctionnement :

  • Les touches mortes classiques sont reliées à l’arborescence compose. Elles deviennent autant de raccourcis de saisie qui mènent droit à la branche souhaitée. Ainsi même les touches mortes classiques se calent sur le compose ;
  • Les touches mortes classiques réelles fonctionnent dans le compose comme le symbole qui les représente, et elles peuvent commencer une séquence compose ;
  • Le caractère de touche morte de la touche compose est « © », pour prendre un caractère qui à la fois rime (par le début) et se trouve dans toutes les polices[2], contrairement à « ⎄ »[3] et « ♫ »[4].
  • Tout comme les autres touches mortes, la touche morte compose s’utilise elle aussi en double frappe, afin de pouvoir doubler une arborescence basée (au moins en principe) sur les seuls caractères ASCII. On propose d’appeler cette double frappe « Recompose », et d’y associer « ® » en tant que caractère de touche morte, mais de ne pas la noter autrement que « clavier bépoComposeclavier bépoCompose » (ou « clavier bépo©clavier bépo© »). Par exemple, la barre verticale (pipe) « | » assure en simple frappe de compose le macron (depuis la réquisition du tiret bas pour les indices) – macron qui à son tour survient en double frappe pour le macron souscrit – tandis qu’en recompose, le pipe couvre les caractères avec une “longueur”, comme « Ƞƞ »[5].
  • La touche clavier bépoCompose peut être utilisée aussi en cours de séquence, par exemple pour les digrammes diacrités : si l’ezh est clavier bépoComposeclavier bépozclavier bépoh, on peut l’avoir avec caron tout en compose par clavier bépoComposeclavier bépo>clavier bépoComposeclavier bépozclavier bépoh ;
  • Les caractères s’insèrent le plus tôt possible, de sorte que dans un même ensemble, les séquences peuvent être de longueur variable[6] ;
  • Pour déterminer les lettres des séquences, les noms français sont privilégiés toutes les fois que c’est possible ;
  • La majuscule s’obtient quand toutes les lettres ne sont pas en minuscule, dans les trois cas MM, Mm, mM[7] ;
  • Si la séquence se compose uniquement de lettres, son doublage en séquence inversée permet d’appuyer simplement sur les deux lettres à la fois[8]. L’ed par exemple, en plus d’être dans le groupe tertiaire en clavier bépo³clavier bépod, est en clavier bépoComposeclavier bépodclavier bépoh, mais aussi en clavier bépoComposeclavier bépohclavier bépod ;
  • Si la séquence commence par un symbole et se termine par une lettre, elle n’est pas doublée en séquence inversée, car cela poserait des problèmes pour les doubles diacrités et les digrammes diacrités. Peut-être on pourrait en doubler certaines quand il n’y a pas d’interférence, mais dans cette proposition, ces séquences se terminent toutes par la lettre ;
  • Le symbole du diacritique peut aussi s’intercaler entre la première et la seconde lettre. Pour l’exemple précédent : clavier bépoComposeclavier bépozclavier bépo>clavier bépoh ;
  • Les diacrités multiples ne sont en général pas sensibles à l’ordre des symboles représentant les diacritiques ;
  • Le diacritique combinant s’obtient comme sur une touche morte classique quand on fait suivre l’espace de la barre ;
  • Le sens des symboles informatiques dans le compose se détermine en faisant pivoter le symbole d’un quart de tour autour de la lettre pour le positionner au-dessus. Cela avait été fait dès les débuts du compose, sauf que le symbole venait en dernier. On propose de partir désormais d’une séquence où le symbole figure en premier :
    • Cela conduit à permuter les symboles de la brève et de la brève inversée. La brève est dorénavant représentée par la parenthèse fermante : « )a » ➔ « ă »[9] ;
  • Plusieurs symboles ont leur sens changé du tout au tout selon une logique qui adapte le corpus du compose à la complétion actuelle. Cette remise à plat est l’occasion de rationaliser toute l’arborescence en l’adaptant à la nécessité d’entrer le ou les symbole(s) en premier(s), afin de pouvoir prendre en charge les multidiacrités :
    • Le « ^ » est dédié à l’exponentiation, conformément à sa signification en TeX ;
    • Le circonflexe est lui repris par le « < », en miroir de l’hatchek qui reçoit le « > »[10] ;
    • Le « _ » est dédié à l’indiciation, conformément à sa signification en TeX ;
    • Le macron est repris par la « | », par analogie à la brève qui a la « ) », et au tréma qui reçoit le « : »[11] ;
    • Le tréma est symbolisé par le « : », conformément à sa signification dans VIM[12] ;
    • Le « " » est associé au double accent aigu, par analogie à l’accent aigu qui a le « ' », et pour éviter des conflits de séquences avec le guillemet bas ;
    • La virgule souscrite est symbolisée par le « ; », par analogie au point souscrit qui a le « ! », et à la différence de la cédille et sa « , »[13] ;
    • L’ogonek est unifié avec la crosse, avec laquelle il partage le symbole « [ », avec une mnémonique par moitiés : le bas du crochet retrace l’ogonek, tandis que le haut esquisse une crosse[14].

Ici est à venir une liste (ou un lien vers une sous-page à créer) de toutes les touches mortes virtualisées par compose.


Avantages (résumé)

  • support de davantage de caractères ;
  • ergonomisation de certaines touches mortes qui ne sont pas en clavier bépoAltGr ;
  • économie des places utilisées pour ©, ®, ™, qui servent rarement ;
  • rationalisation de l’ensemble des touches mortes, qui deviennent des raccourcis d’entrée dans l’arborescence compose.

Inconvénients / critiques

  • nécessite pour une bonne implémentation, de transférer le tiret bas, non encore gravé sur les claviers (sauf erreur de ma part).

Portabilité

  • Windows : OK.
  • X.Org : ? (nécessite d’ajouter un compose personnel, qui est priorisé)
  • macOS : OK.

Options de vote envisagées

  1. rejet, et maintien du statu quo ;
  2. acceptation.

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  1. Dans le jargon en usage dans certains milieux de la typographie, tourné se dit « culbuté ». C’est ce mot qui est passé dans la traduction française de l’avatar ISO d’Unicode, la norme internationale ISO/IEC 10646. Cette traduction est assurée par des volontaires et n’est pas cautionnée par le consortium Unicode. Seuls les identifiants anglais sont normatifs, et ils sont d’ailleurs soumis à une garantie de stabilité qui empêche de rectifier directement certaines irrégularités.
  2. Faute de quoi, en cas de séquences non supportées, en wysiwyg, on risque des ennuis dans les traitements de texte qui ne retournent pas de la police de substitution vers la police courante.
  3. U+2384, le symbole de composition selon ISO/IEC 9995-7 (article Touche de composition dans Wikipédia).
  4. U+266B, le symbole de composition selon la disposition de clavier ergonomique allemande Neo2 (chapitre sur le compose).
  5. L’n à long jambage de droite est aussi dans le groupe quaternaire en clavier bépo³clavier bépo³clavier bépon. Il fait partie du Jeu partiel multilingue latin et se trouve donc sur le clavier allemand multilingue normalisé T3 (dans le groupe secondaire, en clavier bépo×clavier bépon ; voir la carte à la fin du PDF de la proposition du T2).
  6. 10 symboles du zodiaque arrivent ainsi au bout de la deuxième lettre, tandis que Cancer et Capricorne ont besoin d’une troisième.
  7. Comme exemplifié sur Kṫb­Darija Ammendements de Fauve
  8. Sur les claviers gérant les roulements, c’est-à-dire tous les claviers et portables actuels.
  9. C’est malheureusement l’opposé de la tradition qui associe la brève à la parenthèse ouvrante, et la parenthèse fermante à la brève inversée. Mais les autres ruptures nécessitées par la mise à jour du compose conduisent à considérer de mettre à jour aussi ce principe.
  10. Dans le compose traditionnel et dans VIM, le « > » est associé au circonflexe, parce que les premières séquences compose de l’histoire avaient le symbole en dernier et ne supportaient donc pas les multidiacrités ; pour VIM, cf. le fichier Digraphs VIM, que LeBret a partagé sur la ML le 2/2/2016.
  11. Traditionnellement, le tiret bas sert au macron et aux chiffres et symboles en indice, cf. Xlib compose (voir aussi dans Wikipedia Touche de composition), à une époque où les lettres en indice n’étaient pas encore supportées.
  12. Digraphs VIM
  13. Le compose traditionnel utilise le point-virgule pour l’ogonek.
  14. L’accolade ouvrante est plus juste au niveau des formes de ces deux diacritiques, mais elle est prise pour l’hameçon rétroflexe, en miroir de l’accolade fermante pour l’hameçon palatal.